Ron Mueck, merci Willy !

Je n’avais jamais entendu parler de ce sculpteur Australien. On m’a pourtant dit ce week-end qu’il avait déjà exposé à Paris il y a quelques années. 

Moi, je l’ai connu par l’intermédiaire de mon bon copain Willy. Pas la baleine de Simon Wincer, ni l’autre abruti qui n’a pas compris que le R&B c’est déjà bien assez pénible en anglais (Denzey), ni encore l’aîné d’Arnold.

Que nenni ! Le William en question travaille tous les matins sur France 2 avec son équipe de chroniqueurs. Si si vous voyez très bien de qui je parle mais vous faites semblant de ne pas savoir de qui il s’agit ! Auriez-vous honte de regarder Télématin, l’émission faite par un vieux pour les vieux ?

Eh bien moi pas ! La télévision est rarement allumée chez moi mais à 7h, en savourant mes tartines de pain complet/confiture, je regarde mon phare matinal. 

Et grand bien m’en a pris ce jour-là puisque justement, on y parlait de Ron Mueck. A la description de l’expo, je n’ai pas tout de suite pensé : tiens, je vais aller voir des reproductions d’humains ordinaires dans des situations banales. Ben non, pour ça, on a déjà Grévin !

Et puis s’en est suivi le reportage, pas nécessairement plus convaincant… Ce qui m’a vraiment donné envie de m’y rendre, c’est quand Sarah Doraghi a insisté sur le fait que la caméra ne parvenait pas à capturer le réalisme des oeuvres, qu’elle ne leur rendait pas justice. 

C’est une réflexion que je me fais très souvent en voyage, lorsque j’essaie par des milliers de réglages, d’offrir à mon appareil photo ce que mon oeil capte naturellement.

Le fait que cela ait lieu à la Fondation Cartier a également pesé dans la balance car je crois ne jamais être sortie de cet endroit autrement qu’ébahie, amusée, voire carrément sonnée (Moebius, Kitano et désormais Ron Mueck).

La répartition des sculptures dans les immenses salles (4 par pièce au maximum, quelques fois une seule) confère une dimension d’autant plus solennelle à ces personnages. Tous affichent une sorte de lassitude mélancolique, même alors qu’ils sont censés profiter du soleil sur un matelas gonflable. 

Les échelles improbables jouent un rôle important dans la fascination qu’exercent les visages, les pieds et surtout les poils. Qu’on se sente tout petit à leurs côtés (Couple under an umbrella) ou relativement puissant (Youth), il n’en reste pas moins que les oeuvres nous placent dans une position presque inconfortable de voyeur.

Quand sinon en ces circonstances, avons-nous l’occasion de fixer quelqu’un de la sorte ? Tous les visiteurs auscultent le moindre détail : la tâche de vieillesse sur la main de la dame en maillot de bain, les plis de sa voute plantaire, les orteils recroquevillés par l’effort de la femme au fagot, l’implantation de la barbe de l’homme endormi. 

Les titres ne sont accessibles que sur le livret de l’exposition, laissant au spectateur la possibilité de s’inventer une histoire quant à ce qui s’est passé avant, ce qui adviendra après qu’on soit parti…

La dizaine de personnage est saisissante mais surtout ne ratez pas la vidéo de 50 minutes sur le processus de création de Ron Mueck. 

J’ai trouvé incroyable la patience, l’obstination, le dévouement de l’artiste et de ses assistantes. Le nombre d’étapes nécessaires à la confection des sculptures n’a d’égal que le résultat que l’on regarde encore différemment après visionnage. 

Personnellement, j’en suis sortie muette, mâchoire pendante. Un véritable choc.

Affiche Ron Mueck

 

PS : Il ne vous reste que 5 jours (27/10) pour découvrir l’Australien aux doigts de fée dont 2 nocturnes vendredi 25 et samedi 26 octobre jusqu’à 1h du matin. ALLEZ-Y !!! 

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail
75014 Paris
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