Lao Siam, pas de t(h)aille

Le Lao Siam, j’y mangeais des soupes de poulet à la citronnelle il y a 15 ans et, sans trouver qu’elles étaient merveilleuses, j’identifiais au moins une vague saveur d’Asie du sud-est.

Mon fief en matière de thaï c’était plutôt le Krung Thep, à deux pas (entre belleville et pyrénées), jusqu’à ce que le manque de courtoisie, pour ne pas dire le véritable foutage de gueule de la tenancière me dissuade à jamais d’y remettre les pieds.

Depuis, eh bien je me contentais de réaliser moi-même mes curry verts, légumes sautés, Tom Yams et autres délicatesses à la maison !

Mais voilà, une amie de retour de Londres, me propose vendredi de nous retrouver autour d’une des meilleures gastronomies du monde. Alors que faire ? Baisser les bras ? Se dire qu’on va être obligé d’aller au Blue Elephant où la cuisine est tellement adaptée aux goûts occidentaux qu’elle n’a plus rien d’authentique ? Essayer le premier boui-boui qui passe et se revendique vietnamo-chino-thaï ? Courir dans le fin fond du 13ème pour découvrir très exactement la même chose qu’ailleurs ? Nous rendre chez Madame Shawn, où l’on attend 1h30 entre chaque plat et où le serveur voyant qu’on a mangé une seule cuillère de sa Tom Kha Kaï (soupe de poulet avec une pointe de lait de coco), n’a même pas l’idée de demander pourquoi ?

Heureusement, j’ai quelques sources (ils et elles se reconnaîtront) dont les carnets d’adresses ne manquent pas de pépites. L’une de ces sources me recommande le Petit Thaï dans le Marais. Deux jours avant la date, j’appelle pour réserver et, manque de chance, l’établissement a un souci de plomberie qui l’oblige à fermer toute la semaine. 

Lâchement, je jette un coup d’oeil au fooding. Lâchement parce que certains de leurs conseils relèvent du pur snobisme parisien. D’ailleurs, il faut voir comment sont écrits les articles : la plupart du temps, on y comprend rien !

J’ai cependant eu de très très bonnes surprises grâce à eux alors je cède à la facilité de filtrer ma recherche par pays et tombe sur 2 lieux seulement… Le lao Siam en fait partie !

Et pourquoi pas après tout ? Certaines cantines ne changent pas avec les années.

D’ailleurs c’est ce qu’on pourrait croire en arrivant : le restaurant est plein à craquer. Les serveurs s’agitent dans les deux grandes salles où on ne pourrait mettre une chaise de plus. 

Je commande les deux plats-tests que sont pour moi la salade de papaye verte et le Pad Thaï. C’est le minimum de la cuisine de rue, les éléments on ne peut plus classiques et basiques avec le Khao Pad (riz frit). 

La dame me regarde ébahie quand je lui demande d’y aller franco sur le piment dans la salade. Oui, oui j’ai bien dit 3, ça ira ! Et effectivement c’est allé. Je dirais même heureusement qu’il y avait du piment pour masquer le fait que la papaye avait traîné dans le frigo un certain temps. Coupée très finement et arrosée de trop de sauce, elle était plus molle que croquante. Dommage !

Quant au Pad Thaï, quel fiasco ! Comme partout ailleurs, la sauce est toute prête dans un petit pot dont je parierais qu’il vient de chez Tang Frères. Je reconnais le colorant type caramel qui donne cet aspect très foncé et est censé remplacer le tamarind. Les nouilles sont ultra fines ce qui n’est pas le format habituel. Cela les rend immédiatement collantes. On ne le répétera jamais assez, la cuisine thaï se prépare instantanément et A LA PORTION ! Si on essaie d’en faire pour 10 à la fois, le résultat est désastreux. 

Evidemment, on nous sert ça avec des baguettes dont quiconque est allé en Thaïlande sait que la population ne sait pas s’en servir et mange avec une cuillère à soupe et une fourchette…

J’essaie de rattrapper leur plat en demandant du citron vert qu’ils n’ont pas bien sûr ! Ah ben oui le jaune c’est moins cher hein mais bon, c’est un peu comme si on décidait de mettre de la dinde dans la recette du lapin aux olives !

19 euros plus tard, nous voilà dehors. Je ne peux même pas dire que je suis déçue tellement je le savais d’avance.

Alors, que faut-il faire pour manger thaï à Paris ?! Ou comme dirait mes copains anglophones « who do you have to screw to get good Thai food around here?! »

Je prends toutes vos suggestions et adresses. 

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