Pris dans la toile

Prisoners c’est une histoire de kidnapping et une réflexion sur la capacité des hommes à se trouver des excuses pour faire du mal avec bonne conscience.

Porté par 2 acteurs masculins assez convaincants (Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal), l’intrigue se déroule dans une ambiance glauque à souhait. Il fait gris, il pleut, les maisons quand elles ne sont pas délabrées, sont juste figées dans les années 70, les personnages sont mal attifés, la banlieue pavillonnaire est sordide.
Le rythme est aussi lent que peut l’être la progression d’une enquête. Ça rend le film plutôt crédible.

Alors pourquoi bifurquer vers le bizarre ? Sans vouloir divulguer des éléments fondateurs du dénouement, le mode opératoire de l’un des personnages semble sortir de nulle part et le scénario peine à retomber sur ses pattes.

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En réalité, Prisoners n’est pas si mal ficelé. On a peu, voire pas le temps de penser à ce qu’on va préparer à dîner, on est embarqué dans la résolution de l’énigme et du dilemme du père de famille.
Et pourtant, le tout manque de force, d’angoisse, de suspens.

Ce qui me fait dire que les séries télé bénéficient vraiment d’une grande qualité d’écriture.

Dans le même genre, The Killing qui n’a eu droit qu’à 3 saisons, est un exemple frappant.
D’abord, on a jamais entendu parler des 2 rôles titres. Le spectateur ne s’attend donc à rien de leur part, contrairement aux espoirs qu’il forme en voyant apparaître Wolverine ou Prince of Persia. Ensuite, ces mêmes acteurs ont un physique on ne peut plus banal. Aucune énergie ne sera donc perdue à fantasmer, toute l’attention sera concentrée sur l’histoire.

Enfin, le rythme est tout aussi lent mais reste trépidant. D’un épisode à l’autre, les scénaristes nous baladent, nous faisant suspecter un personnage après l’autre jusqu’à ce que l’on doute de tout le monde. Ils nous rendent incapables de faire confiance à qui que ce soit, exactement dans les chaussures des inspecteurs.

Alors c’est vrai, il est plus facile de fouiller la psychologie des personnages sur des heures et des heures de programme mais, d’autres séries en ont fait la preuve : il est tout aussi simple de complètement planter le show, de perdre les spectateurs ou de les lasser.

Par conséquent, ma recommandation est la suivante : allez voir Prisoners avant de regarder The Killing ou abstenez-vous du premier et ruez-vous sur le second !

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