Guillaume Tell(s) the story

Comme je l’ai déjà dit, je regarde peu la télévision. Par conséquent, même si son visage ne m’était pas étranger, je ne connaissais pas Guillaume Gallienne à proprement parler. 
Le seul article que j’avais lu à propos de son film et avant la sortie, ne m’avait guère donné envie d’aller le voir. Cela s’annonçait comme une psychanalyse live et un prétexte pour régler ses comptes à la façon d’une Maiwenn dans Pardonnez-moi.

Encore un mec qui allait raconter sa vie, pauvre de lui, en s’épanchant sur ses irrépressibles névroses dues à son atroce génitrice qui voulait une pisseuse à tout prix ! 
Voilà un peu dans quel esprit je me trouvais. 

Or, un samedi après-midi à 14h dans un petit mk2 de l’Est parisien, on passe soit Gravity, soit un dessin-animé pour les moins de 3 ans, soit Guillaume et les garçons à table ! 
Ma flemme ne me laissant d’autre choix sans prendre le métro, je demandais un ticket au caissier l’air moyennement convaincu.

Guillaume

J’ai pris peur à la scène d’ouverture. Ah non pas du théâtre filmé ! Non, non juste un lien avec son one man show dont le film est l’adaptation (mais je ne le saurai qu’après).

À la sortie, je me dis qu’1h25, est un format judicieusement choisi. C’aurait été trop court pour une fiction mais juste assez long pour raconter 10 ans de visites chez le thérapeute. On a évité les écueils traditionnels sur les homos (mis à part celui qui veut que ce soit la responsabilité de la mère), on a souri (enfin, les gens ont ri comme des baleines mais je ne suis pas sûre qu’ils aient tout compris) et surtout on a été bien triste pour ce gosse, cet ado qui n’y voit que du feu.

Seuls les autres le voient différent. Lui n’est mal à l’aise que lorsqu’on le lui fait remarquer.

Il est précieux, oui, il est pleutre aussi, fragile, gentil, touchant, créatif, inspiré, flamboyant, amoureux. 

Le personnage est ciselé comme un habit sur mesure et Guillaume Gallienne le joue avec une extrême finesse. Alors, vous me direz, comment pourrait-il en être autrement puisqu’il s’incarne lui-même ? Eh bien, je ne suis pas certaine qu’une telle mise en abîme soit aisée. Avez-vous déjà essayé de vous imiter ? Ce sont vos amis qui le font le mieux parce qu’ils remarquent ce qui vous caractérise. Soit-même, on ne voit rien !

Il interprète également sa mère. Là aussi, on aurait pu assister à une grossière parodie, toute en clichés… mais pas du tout. C’est très subtilement illustré. Il est d’ailleurs rare qu’on se dise que c’est le même acteur. J’ai simplement pensé qu’ils se ressemblaient beaucoup (ce qui est le but poursuivi).  

Difficile de dire si le portrait est fidèle sans la connaître mais la part de masculinité de cette femme du monde est aussi joliment exécutée que la féminité du fils. Coincée entre les conventions qu’exige son statut et son naturel gouailleur, elle n’exprime d’autre sentiment que la colère, vit dans les non-dits… des traits de caractère plutôt empruntés au père habituellement. 

Une scène m’a semblé inutile, celle avec Diane Kruger (allez voir le film pour savoir de quoi je parle). Je l’ai trouvée exagérée et un peu vulgaire par rapport au reste, adroit et perspicace. 

En revanche j’ai beaucoup aimé la métaphore du cours d’équitation… Évidente et pourtant très poétique. 

Tout ça pour dire que Monsieur Gallienne n’a pas usurpé son titre de Pensionnaire de la Comédie Française et qu’il se pourrait bien que je fasse quelques recherches sur son compte pour voir ce qu’il a produit d’autre.

Faisons donc des entrées à ce jeune homme : go Guillaume go !

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