Classe de neige

On est tous différents. Et bien que nous attendions tous d’un film qu’il nous transporte, nous n’avons pas pour ça les mêmes critères.

Chez moi ce qui crée l’émotion c’est soit la subtilité, la poésie, la douceur et les vaporeuses suggestions des films de Kim Ki-Duk par exemple (locataires, le chef d’œuvre absolu selon moi) soit la violence, la rage et le machiavélisme de la vengeance tels qu’on les voit dans le cinéma de Park Chan-Wook ou de Kim Jee-Woon (a bittersweet life, j’ai rencontré le diable).

L’avantage de Bong Joon Ho c’est qu’il réunit toutes les caractéristiques pré-citées. Si vous avez vu The Host et que vous êtes sensibles aux mêmes émotions que moi, alors vous vous êtes senti investi de la mission du père à la recherche de sa fille. Vous vous êtes également senti traqué, dans la peau du monstre et vous avez pleuré de soulagement et de douleur lors du dénouement final.

Comment alors ne pas allez voir Snowpiercer ? Moi je n’ai pas résisté. Et quelle surprise une fois les fesses dans mon fauteuil de découvrir que le producteur n’est autre que le réalisateur de Old boy !

Et je n’en étais qu’à la première…
Si je redoutais la présence de Chris Evans dans la peau du héros, j’ignorais tout du reste du casting.
Ont défilé devant mes yeux la majestueuse Tilda Swinton (vous devez absolument voir Julia d’Erick Zonka), un de mes dieux depuis Midnight Express : John Hurt, le tout frais Jamie Bell, Ed Harris l’hypnotique et bien sûr l’acteur fétiche de nombre de cinéastes coréen Song Kang-Ho toujours aussi charismatique.

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Et je me suis laissée embarquée à bord de ce train de survivants à l’apocalypse, microcosme certes manichéen mais non moins exaltant. Dans les wagons de queue, la populasse s’entasse sale, malnutrie et révoltée. Elle attend impatiente d’en découdre avec ses oppresseurs : la caste riche et éduquée, qui vit à proximité de la locomotive toute puissante.

Chris Evans va mener la rébellion dont on sait à l’avance qu’elle n’a aucune chance. Et c’est ce qui fait que l’adrénaline monte. La force du désespoir, la lutte malgré tout alors que l’équipée ne peut rien espérer de la victoire. Après tout, ils sont, millionnaires et manants, contraints à vivre ad vitam à bord de ce train qui tourne autour de la terre puisque l’extérieur est retourné à l’ère glacière.

Alors c’est vrai, le scénario ne laissera peut-être pas de souvenir impérissable mais la musique de Marco Beltrami accompagne parfaitement les images léchées et les noirs intenses de Bong Joon Ho. La lumière et les ralentis de la scène d’attaque à la torche valent bien le budget dépensé depuis le début de l’année par le cinéma américain en manque de talent.
On sent que la censure US est passée par là. Rien d’aussi sombre que Memories of murder (que vous devez absolument vous procurer en DVD) mais un hybride assez bien réussi tout de même.

2h05 de spectacle, de baston et une apparition qui vaut le détour pour nous, esthètes : Luke Pasqualino dans le rôle de Grey 😉
À bon entendeur… Salut !

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