Aux calendes Grecques

Comme on est curieux de regarder sur Facebook le profil de ceux qui étaient avec nous à l’école, on a plaisir à retrouver Xavier, Isabelle, Wendy ou Martine. Comme ça, pour savoir ce qu’ils sont devenus ou à quoi ils ressemblent. Juste une fois même si on sait pertinemment qu’on ne se parlera plus jamais. 

Et c’est marrant mais on se dit qu’il n’ont pas vieilli depuis Les poupées russes, pourtant tourné il y a 10 ans. Cela-dit, comment pourrait-on le remarquer puisqu’on a « grandi » avec eux. 

N’a t-on pas rêvé nous aussi de vivre en colloc internationale à Barcelone ? De plaquer un boulot qui nous étouffe en courant comme un dératé vers la liberté, de n’avoir peur d’aucune conséquence, de prendre tous les risques et surtout celui de rire, de faire la fête, des expériences, de tromper sans trahir, de ne pas penser au lendemain ?

L’auberge espagnole était un souffle d’air frais. Les embruns de sangria, les accents exotiques, les rayons de soleil et les paysages colorés nous tournaient la tête. 

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Avec le deuxième opus, on plongeait dans la trentaine paumée, les problèmes avec le banquier qui deviennent plus prégnants, l’évolution de carrière peu satisfaisante, les potes qui se marient ou ont des enfants… Mais on sentait encore l’envie de profiter, la jouissance de vivre. 
Personne n’a oublié la scène d’anthologie où Xavier fait passer une Isabelle en robe pour sa copine auprès de son grand-père.
Ni la transformation de Kelly Reilly,  sortie de sa chrysalide en sublime papillon qui ensorcelait la caméra de son regard bleu glacier et lançait définitivement la mode des rousses. 

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Dans Casse-tête chinois, Xavier à gagné ses galons d‘écrivain. Il s’est attitré les services d’un agent qui lui assure que le bonheur c’est chiant, en tout cas en roman. 

Le ton est moins léger, Xavier fait moins de conneries. Il est responsable. On rit certes, mais  plane le fantôme des épisodes précédents qui nous rend nostalgique et nous fait prendre un petit coup de vieux. 

La mort des idéaux, le renoncement, la résignation sont au cœur du film que j’ai trouvé moins fougueux que les autres. 

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On se dit que nous, si on partait s’installer à New York, on ne le vivrait pas comme un calvaire, surtout dans un 2 pièces en plein China Town. On en profiterait pour vivre une nouvelle jeunesse : rencontrer des gens, se réinventer. 
Notre héros lui, se tourne vers le passé (par dépit, par flemme, par facilité ?) et ré-explore des pistes tièdes en assumant son rôle de papa. 

Attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé le film. Mais je l’ai regardé la tête inclinée, avec quelques regrets et un léger pincement au cœur. 

Selon Klapisch, il n’y aura pas de suite et c’est tant mieux. On nous épargnera ainsi la réunion Erasmus à la maison de retraite.

Longue vie aux personnages et au souvenir de la bande de copains !

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