Don Qui Chiotte

J’adore Joseph Gordon Levitt ! Je le trouve absolutely charming, j’aime son jeu et les films dans lesquels il a choisi de l’exercer. J’ai admiré sa reconversion après 5 ans passés dans la peau d’un enfant extra-terrestre (dans 3ème planète après le soleil), je l’ai encensé dans Mysterious skin (du génial gregg Araki) ou dans Stop Loss (de la non moins talentueuse Kimberly Peirce), je lui pardonne même Inception que j’ai jugé facile et prétentieux. J’adore qu’il gratte du yukulélé et que sa meilleure amie soit Zooey Deschanel. C’est un caméléon avec une jolie peau. 

Quand j’ai su qu’il avait réalisé son propre long métrage, je n’ai pas hésité à y aller. Pourtant, il y avait selon moi une énorme ombre au tableau : l’insupportable Scarlett Johansson. Pourquoi caster celle qui n’a été capable que d’une seule bonne performance depuis le début de sa carrière (dans lost in translation et encore elle jouait une neurasthénique) ?
Simple envie de lui rouler des palots pendant 1h25 ? Non non non je ne veux pas croire que Joseph soit fait de ce bois-là !

Ayant vu la bande-annonce, je connaissais déjà le pitch : un mec obsédé par le porno rencontre une meuf dévoreuse de comédies romantiques, ils vont devoir mettre de l’eau dans leur vin pour être ensemble.

Ça ne présageait pas d’une haute portée philosophique mais le premier film d’Edward Norton (Au nom d’Anna) non plus et pourtant, il avait bien rempli son office (au propre comme au figuré)…

Première surprise, Jo ne s’épargne pas : s’il y avait un équivalent masculin au mot pouffe, sa photo l’aurait illustré dans le dictionnaire ! Fils d’immigré italien, il conduit une voiture tunnée, a un boulot de merde dans une petite ville tranquille et récure sa vaisselle comme un forcené. Ses amis sont des losers, sa famille passablement pathétique et ses critères en matière de filles pas mieux : elles doivent ressembler le plus possible aux actrices des vidéos qu’il mate sur pornhub.com. Epaules en arrière, démarche de cow-boy, débardeurs exhibeurs de muscles et coupe à la GI, il a tout pour attirer les bimbos qu’il désire.

Et là j’ai compris le choix de Scarlett Johansson qui excelle en printasse (princesse-pétasse) mâchouilleuse de chewing-gum !

Le problème c’est que pendant près d’une heure, c’est tout ce que l’on voit à l’écran. Une grognasse aux tenues catastrophiques et à la tête soufflée à l’hélium (plus jamais le brushing lisse Scarlett), et un rouleur de mécaniques.

L’évolution du jeune plouc ne commence à se profiler qu’à l’arrivée de l’incandescente Julianne Moore qui le révèlera à lui-même. 

La mise en scène est plutôt pénible avec la répétition des actions hebdomadaires qui aurait peut-être pu fonctionner si les cuts avaient été rapides comme ils le sont dans le trailer (n’est pas Darren Aronofski qui veut). Les dialogues sont tout aussi ordinaires que les personnages. 
Le propos n’est pas vain, même plutôt pertinent mais mal traité, mal exploité, mal porté. 

Dommage car le dernier 1/4 d’heure est davantage réussi. 
Peut-être Joseph aura t-il une deuxième chance derrière la caméra mais si ce n’était pas le cas, je serai bien la dernière à pleurer !

DON-JON-Affiche-France

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