Eat stay love

Quand on aime la cuisine et le ciné autant que moi, on ne peut résister à l’appel de The Lunchbox, savant mélange des 2.

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En bonne petite ménagère indienne, Ila passe le plus clair de sa matinée à assembler un repas pour son mari qui travaille à l’autre bout de la ville.
Et attention, il ne s’agit pas d’un simple dhal mais de quatre à cinq containers en inox, révélant chacun un plat différent.

Simplement, le service qui se charge de livrer ces recettes quotidiennes se trompe et la cantine termine sa longue course entre les mains d’un inconnu.

Lorsque Ila s’aperçoit que le destinataire de ses attentions n’est pas son époux, elle glisse un petit mot d’excuses à l’intérieur de l’une des boîtes.

C’est le début d’une grande correspondance entre 2 âmes en peine.

Tout d’abord, on est complètement immergé dans un mode de vie qui n’a rien de commun avec le nôtre. La femme au foyer dont le seul but est d’ensorceler sa moitié par la créativité de ses plats, les étroites relations de voisinage, le sens de l’honneur et de la famille ultra développés, la dévotion à l’entreprise (l’abnégation même), la résignation à son sort…

C’est un univers vraiment nouveau qui est présenté là : loin du faste de Bollywood, l’existence urbaine n’a pas l’air fushia.

Et ne vous attendez pas à une romcom à l’eau de rose, on est plutôt en présence d’une profonde réflexion philosophique sur le monde actuel, la vieillesse, les conventions et un petit peu l’amour aussi quand même.

Il faut le dire clairement : n’y allez pas un jour d’intense désespoir sous peine de sauter sous le métro (ou de votre balcon si vous avez la chance d’en avoir un. Ah vous voyez que vous n’avez pas de raison de vous plaindre !).

C’est un film plombant mais assez réaliste et surtout très fin dans l’écriture. Les non-dits sont aussi parlants que les dialogues, les gestes sacrément touchants.
Et puis, on sent presque les effluves d’épices, l’onctuosité des sauces et la morsure du piment !

Moi ça m’a plu alors je dis vive le nouveau cinéma indien !
Et faites-nous quand même encore des chorégraphies à rallonge et des costumes à dorure pour égayer tout ça 🙂

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