Café philo

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Philomena raconte l’histoire d’une vieille dame qui, pendant 50 ans, a caché l’existence d’un enfant eu à l’adolescence, et qui lui a valu de devenir pensionnaire d’un couvent.

Du jour au lendemain, elle décide de partir sur les traces de ce fils et réclame l’aide d’un homme politique déchu.

En trame de fond, on (re)découvre l’Irlande des années 50 où des pères déshonorés laissaient le « soin » aux « bonnes » soeurs d’élever leur honteuse progéniture.

Déjà visité dans Magdalene Sisters de Peter Mullan en 2002, où l’on suivait le calvaire d’une jeune fille punie d’avoir été violée, l’univers carcéral visant à expier les « péchés » et à racheter les « fautes », en prend à nouveau pour son grade.

En tout cas à travers le regard que porte le personnage incarné par Steve Coogan, résolument athée et lui-même victime d’une injustice qu’il va chercher à réparer par procuration.

Le frêle bout de femme qui a enduré toutes les humiliations, à laquelle on a arraché les entrailles, mais dont rien n’ébranle la foi, va lui donner une leçon d’humilité et de résilience.

Judi Dentch joue ici une simplicité, une humanité, un bon sens et une fragilité diamétralement opposés à la main de fer qui la caractérise dans la série des James Bond.
Elle émeut autant qu’elle fait sourire le spectateur en servant des répliques tantôt naïves tantôt cinglantes à son partenaire so urban.

Si le récit est profondément triste et révoltant, Stephen Frears parvient à éviter l’écueil du misérabilisme en maintenant un ton léger que le duo d’acteurs porte avec maestria.

Un très bon film en somme !

PS: pour ceux d’entre vous qui n’ont pas encore la chance de connaître Steve Coogan et ses exploits radiophoniques, je recommande de voir The Trip, film de Michael Winterbottom sorti en France il y a 2 ans, et où s’illustre la tordante verve humoristique du bonhomme.

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