L’offre et la demande – Dallas buyers club

On évoque beaucoup la perte de poids de Matthew McConaughey mais quand parle t-on vraiment du film ?
Le pitch est rapidement fait : un roi du rodéo ayant chevauché tout l’été se trouva fort dépourvu quand le HIV fut venu.
Au lieu de se laisser abattre, le condamné à mort se documente et décide d’essayer un traitement alternatif au protocole testé par les grands labos sur des cobayes humains.

Alors c’est vrai que le physique fait la moitié de la performance parce que l’acteur n’est plus qu’une loque dont on se demande encore comment elle se déplace sans vaciller. Mais il se défend quand même pas mal le Matthew en matière de jeu. Son personnage évolue beaucoup au cours du récit et il est tout aussi crédible en jouisseur invétéré qu’en alcoolo à la dérive ou en patron d’une petite entreprise florissante.

Mais la vraie surprise, celle que moi je n’avais vraiment pas vue venir c’est Jared Leto. Si je lui connaissais un certain goût pour le maquillage (qui lui a certainement été utile pour l’audition), j’avais presque oublié qu’il ne se contentait pas de chantouiller dans son groupe 30 seconds to Mars. Quand je pense à Requiem for a dream, je me demande comment j’ai pu effacer ce type de ma mémoire.
Mais l’avait-on seulement revu depuis Lord of War ?

Bref, ce n’est qu’à son apparition à l’écran que son talent m’est revenu en pleine face. Quelle présence, quelle grâce, quel regard ! Même le cowboy peine à résister à la fantaisie de son personnage, à sa fragilité aussi.
Je revendique donc un peu de reconnaissance pour Jared.

Outre les comediens, que dire de la réalisation de Jean-Marc Vallée sinon qu’elle est suffisamment fluide pour servir l’histoire sans l’entraver, sans l’enjoliver, sans la salir non plus.
Ça en fait du chemin parcouru depuis le confidentiel (mais très apprécié) Crazy !

Ne cherchez pas du mélo à la Philadelphia. On est pas dans la plainte plutôt dans la filouterie et le combat. Une perspective moins misérabiliste et porteuse de plus d’espoir pour les malades.

Je n’irais pas, comme les Americains, jusqu’à dire que ce film mérite un oscar mais c’est plutôt un bon film, assurément.

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Ah ben voilà, j’écris mes articles rapidement mais je mets des lustres à les poster. Du coup, hier soir, la cérémonie des statuettes a eu lieu et, j’en aurais mis ma main à couper, Mr. Mc Conaughey a reçu celle du meilleur acteur.
Bravo au jury d’avoir récompensé le travail de son second.

En revanche, je suis déçue pour Di Caprio qui, selon moi, le méritait davantage et what the fuck pour Kate Blanchett dans l’insupportable Blue Jasmine (voir ici ce que j’en ai pensé) ?!

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