-OmniScient-

Her se déroule dans un futur proche où le lien social à été anéanti au point que les systèmes d’exploitation sont devenus les seuls confidents des humains.
Theodore Twombly partage une telle complicité avec le sien qu’il en tombe amoureux.

C’est bien de solitude que parle le film. Du fait de se sentir isolé, incompris, impuissant.
Selon moi, il s’agit aussi du trop plein d’exigences des hommes vis-à-vis des femmes et inversement. On attend tellement de l’autre, on lui demande de remplir tellement de rôles que l’on est forcément déçu quand on se rend compte qu’il/elle n’en est pas capable. La machine, elle, ne déçoit pas. Elle anticipe tous les besoins du personnage incarné par Joaquin Phœnix, elle l’accompagne dans son activité professionnelle, l’enrichit de ses connaissances, le fait fantasmer, le rassure, le cajole même.Et le héros finit par dépasser le fait que sa moitié n’a pas de corps.

On pourrait croire que l’intention est de magnifier la connexion intellectuelle entre les êtres mais la mélancolie ambiante prête plus à penser que Spike Jonze regrette le bon vieux temps où l’on rembobinait les K7 audio au crayon HB.

Étrangement, j’ai trouvé un air de famille avec Eternal sunshine of the spotless mind. Peut-être dans l’approche de l’inéluctable et du désespoir que cela suscite. La photo est sublime. Réalisée par un illustre inconnu du nom de Hoyte Van Hoytema, elle adoucit la rudesse des situations et ajoute à la nonchalance de Theodore. C’est une lumière ensommeillée.

Moi qui déteste Scarlett Johansson, je dois admettre qu’elle accomplit la jolie performance d’être présente uniquement par la voix et d’exprimer une grande palette d’émotions.

Je dirais que j’ai trouvé Her intéressant mais inégal. Parfois crédible et d’autres fois moins. Je n’ai pas totalement réussi à lâcher prise pour rentrer dans l’univers décrit.

À vous de voir…

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