Pas de t(h)aille – Part 2

Ceux qui ont lu le post sur le Lao Siam savent que je suis toujours à la recherche d’un thaïlandais qui soit à la hauteur de la gastronomie de son pays et cuisine sans adapter les goûts à ceux des occidentaux. C’est dans ce cadre que R. m’a conseillé de donner une chance à l’Up thaï, dans le 17ème arrondissement.

Les plats changent tous les jours dit-il, les chefs sont définitivement Siamois et le pad thaï est à se damner. Tant pis pour mon ami Australien qui aurait sûrement préféré manger français, l’occasion est trop belle d’essayer cette perle.

photo 5

Sauf que pas facile de faire un article sur un restau recommandé par un ami. Enfin surtout, pas facile de dire ce qu’on en a vraiment pensé, sans prendre de gants et sans vexer la sensibilité du copain en question. 
Parce que voilà, je n’ai pas partagé son enthousiasme.

Outre le quartier (pas vraiment asiatique les environs du métro Europe) et la minuscule superficie du lieu (ça, c’est plutôt un bon point), c’est d’abord au visage du patron que j’ai (pré)jugé l’endroit. Eh oui, les clichés ont la vie dure mais un français à la tête d’un restau thaï ben ça le fait pas ! Pourtant, ça sentait bon dans sa salle… 

Dans le détail, voilà ce que nous avons commandé : 
C. a opté pour une Tom Yam Kung c’est à dire une soupe claire à la citronnelle et aux crevettes, ainsi qu’un poulet daté. D. et moi avons testé le niveau des plats les plus typiques à savoir la salade de papaye verte et le pad thaï.

photo 2-1

photo 1-1

L’entrée nous a été servie rapidement mais enlevée aussi sec car les cuistots avaient oublié le piment que nous avions tous deux requis. Mmmmm ça signifie que les clients avalent d’habitude un plat qui n’a rien à voir avec l’original. Mauvais augure.
Effectivement quand elle revient, l’assiette est bien corsée. Des quartiers de citron vert sont dispatchés ici et là, bel avantage par rapport à Mme Shawn par exemple, qui ne propose que du jaune. Mais il manque quelque chose ou plutôt il y a quelque chose en trop : le sucre.

Je goûte la soupe de C. que je trouve honnête mais pas extra parfumée.

Le pad thaï est beau bien que je le préfère avec des nouilles plus fines. Ce que je remarque illico c’est que celles-ci ont été coupées en morceaux (pour éviter aux cols blancs de se salir ?)
La couleur me semble adéquate. Lorsque l’ensemble est trop foncé, c’est souvent qu’a été utilisé la sauce toute prête vendue chez Tang Frères !!!

photo 3-1

Déception lorsque je prends la première bouchée : tellement peu de saveur !
C. en revanche est transportée par son poulet au saté. Il m’a pourtant l’air bien sec de là où je suis assise…

À la fin du repas, je demande où sont les toilettes. On me dit qu’il faut passer par la cuisine ce qui m’arrange grandement ! Le chef est prévenu de mon intrusion imminente. J’en profite pour jeter un œil aux ustensiles sur le feu. Je n’ai pas vraiment besoin de jumelles : la pièce doit faire 3m2 à tout casser.

Ouille ouille ouille, l’huile n’a pas l’air de première fraîcheur dans le wok. Et puis c’est un peu le pediluve : il doit y avoir 2cm d’eau et de gras mélangés au sol.

Sur le retour, je teste la nationalité du personnel en lançant : « aroy maak, koopkhoun kaah » (c’était très bon merci).
A entendre le « mai pen rai » de retour (de rien), mon ami ne s’est pas trompé sur l’origine des cuistots. Nous quittons l’Up thaï sur ces bons mots.

photo 4

À l’extérieur, D. me demande mon verdict. Pas fantastique lui dis-je.
Lui qui avait réservé son avis jusqu’ici acquiesce : test non concluant. Il faut dire qu’à Melbourne où il vit, on trouve toutes les cuisines du monde et que c’est très bon !

La quête continue donc. Sorry R. ..

Publicités