Déshawner ou dîner ?

J’ai souvent critiqué Mme Shawn mais quand j’y ai mangé pour la première fois, à l’ouverture du restaurant de la rue Yves Toudic, j’avais trouvé ça vraiment pas mal ! Le pad thai était honnête et la Tom Yam goûteuse, le cadre faisait moins cantine que celui de ses concurrents et puis, j’en étais arrivée à détester la patronne du Krung Thep alors il me fallait trouver un nouveau fief.

C’est par la suite que mon opinion a changé. En y retournant avec collègues ou amis, je n’ai jamais retrouvé la qualité de cette fois-là. Que ce soit rue de Lancry ou plus récemment rue Paul Bert, j’ai eu droit en vrac à un bol de lait de coco en lieu et place d’une Tom Kha kai (et le serveur en l’enlevant n’a même pas demandé pourquoi je n’y avais pas touché), un pad thai aggloméré  et des entrées fadouilles.

Je crois tenir une explication… En Thailande où on ne bonde pas les salles de tables, on prépare les plats à la portions. Et dans les différents cours que j’ai pu prendre là-bas, les chefs insistent tous sur ce point.
Ne serait-ce alors que les cuisines des restaus parisiens regorgent de marmites façon réfectoire d’école dans lesquels ils jettent les ingrédients pour les 50 couverts ?

Mais passons sur mes hypothèses fumeuses car le sujet n’est pas là.
En réalité, ce que je suis venue vous dire concerne la bonne surprise que j’ai eue un dimanche soir où la flemme s’était emparée de mon petit corps.

En effet, les placards vides et l’estomac creux, je me rabattai sur un curry rouge de crevettes au retour d’une promenade dominicale.
Installée devant une énième rediffusion de Ghost (c’est combien déjà la redevance ?), j’ouvrai mes petites boîtes en carton sans enthousiasme mais  notai déjà un bon point pour l’abondance de riz et un autre pour les nombreuses feuilles de basilic thai parant le plat.

Mme Shawn1

Mme Shawn 2

Une fois transféré dans une vaisselle digne de ce nom, mon kaeng phet khung paraissait tout à fait honorable.

Mme Shawn 3

Eh bien figurez-vous qu’au goût aussi ! Le jus bien crémeux avec un peu de puissance, une quantité de crevettes très raisonnable, plein d’oignons fondants et de poivrons croquants… Des arômes, du plaisir, de l’inattendu, des petits grognements de satisfaction. Est-ce justement parce que je ne m’attendais à rien ?

Toujours est il que l’expérience était suffisamment significative pour être notifiée. Non parce que je suis la première à balancer quand c’est mauvais mais il faut savoir être juste aussi !

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