Thu thu sans danse

Quand on débarque dans un nouveau quartier, on se cherche des repères. La mairie, la bibliothèque, un supermarché puis rapidement on passe au bar qui propose le meilleur happy hour/l’ambiance la plus sympa et aux différents restaus par ordre 1) de prix 2) de qualité (ah ben oui, un déménagement, ça vide sérieusement les poches !)
Moi j’étudie les cartes, je regarde la population à l’intérieur de l’établissement, je prends des photos pour savoir où aller quand j’aurais envie d’un brunch ou d’un burger…
Et puis j’écoute les copains !
Cette fois, j’ai mis en application les conseils de O, plus de 10 ans d’expérience du 18ème et particulièrement de Lamarck-Jules Joffrin.
Un cantine ? Ça tombe bien ! Vietnamienne de surcroît ? Parfait.

Quelques jours après cette recommandation, suite à la énième rotation de tournevis et à la satisfaction post assemblage de meuble, nous voilà en route pour le très proche Thuthu. Il est 21h45, la rue est déserte. Va t-on encore nous servir ?
On dirait bien. Le menu est tout à fait honnête avec des plats tournant autour des 10€. Nous partagerons une salade de bœuf en entrée. Nous nous assurons qu’il s’agit bien de viande crue, ce à quoi le serveur répond que c’est « comme vous voulez ». Alors ce sera saignant.

Comme d’habitude à chaque fois que je lis le mot anguille, me vient l’irrépressible besoin d’en commander. On me précise que celle-ci est en curry de nouilles. Va pour ça ! Mon esprit s’embourbe quand on me propose du riz en accompagnement. Curry+riz=normal donc oui.
Ce n’est que quand ma marmite brûlante arrive que je réalise que je vais faire un repas de féculents !

photo 5

Face à moi, le poulet à la citronnelle semble un peu foncé…
La salade est bonne. On distingue la menthe, le coriandre long et le basilic thaï. Ça pique modérément et la viande est très tendre bien qu’il ne lui reste rien de saignant.
Les tomates charnues restent relativement fermes et les oignons s’associent au jus de citron vert pour conférer de la fraîcheur à cette jolie entrée.

photo 1-2

Mon plat fume toujours autant quand la salade est terminée. Je hume en attendant de déguster. Lait de coco et, à première vue, pâte de curry jaune. Je touille pour voir apparaître les tronçons d’anguille. Ah je ne m’attendais pas à ce que les morceaux soient aussi gros ! Un bon point pour la quantité mais du coup j’ai un peu peur de la cuisson. Tant pis si je me brûle, la curiosité est trop forte : je goûte…

Le jus est crémeux. La portion de vermicelles pantagruélique. La texture du poisson résiste sous la pression des baguettes. Et la surprise kinder c’est que l’arrête centrale a été conservée. Ça ne facilite pas la tâche pour manger. Deuxième découverte, celle-ci personnelle : j’adore l’anguille grillée mais je ne peux pas en dire autant de la version bouillie.
Rien de très intéressant question goût. D’où la question de l’œuf ou la poule : est-ce parce qu’elle est fade qu’on la cuisine en curry ou le curry masque t-il la saveur de l’anguille ?
En tout cas ce n’est pas un succès. Peut-être aurais-je du m’en tenir au bobun.

Mon acolyte n’a pas l’air plus convaincu par son poulet. Il demande même au serveur s’il s’agit bien de sa commande, ayant davantage l’impression qu’il s’agit de gingembre que de citronnelle.
Je prends un morceau et ne perçois ni l’un ni l’autre !

photo 3-2

L’addition est modique et nous avons l’estomac plein c’est déjà ça.
Puisque Thuthu combine proximité et tarifs raisonnables, une deuxième chance est à envisager. À suivre…

Thu Thu
51 bis rue Hermel
75018 Paris
Publicités