Dans le secret des d(v)ieux

Ça devait être une soirée Sud-Américaine. Un restau qui devient salle de danse dès le dessert englouti : Los Mexicanos, rue Papillon dans le 9eme.
Un programme qui sortait de l’ordinaire pour un samedi en famille. Mais le destin n’était pas du même avis et a décidé de nous le faire savoir…

À 20h grille fermée, nous nous sommes dit que c’était sacrément privé comme endroit. Un mot de passé à décliner ? Nous attendions patiemment K, qui avait réservé via Groupons, pour dévoiler le mystère.
La puce commença sérieusement à nous gratter l’oreille quand à 20h15, un groupe d’étudiants friands de fajitas, nous confirme ce que nous craignions : il s’agit d’une arnaque, les Mexicains ont bouclé leur valises depuis le mois de juillet !!
Nous nous retrouvons un peu couillons et pas certains de pouvoir trouver une table ailleurs en plein week-end à la dernière minute.
Que faire ? Ou aller ? Rue Sainte-Anne ? Back to the XVIII ?

K, qui a de la ressource et apparemment très envie de (se) dépenser, propose la Chine Massena.
Depuis le temps que j’entends parler de cet endroit !! Je serais ravie d’y aller mais je sais de source sûre que l’addition est extrêmement salée et pas par le soja.
K insiste en mode YOLO.
P me sonde du regard. Hésitation. Silence. Awkward.


En route pour le 13eme !

Nous prenons place aux premières loges : juste devant l’orchestre.
La salle est bondée… De sexagénaires ! Là au moins je vais avoir une chance de suivre la choré. Pour ce qui est des assiettes, nous commencerons par du porcelet laqué et poursuivrons avec du canard sous toutes ses formes : Pékinois avec mini-crêpes et sauce hoisin, puis en soupe et enfin sauté sur nouilles de blé. On oubliera pas d’accompagner tout ça de riz gluant cuit en feuille de lotus. Une petite tsintao pour faire glisser et nous voilà bien.

Désolée pour Porcinet (repose en paix) mais sa chair est juteuse et sa peau bien croustillante, on se régale !

Porc Chine Massena
Un chariot métallique arrive derrière nous, portant son Donald entier et suivi d’un serveur engoncé dans son gilet rouge qui fini de s’étouffer par le nœud pap. Il découpe expertement la bête et dispose les morceaux sur le plateau tournant au centre de notre table.

Serveur Chine Massena
On me l’avait vanté et c’est vrai qu’il est bon cet oiseau roulé dans les petites galettes et trempé dans l’épaisse hoisin (mixture de graines de soja fermentées, vinaigre, sucre, aïl, piment et 5 épices mystères). Tendre, gras juste ce qu’il faut, on le boulotte en léchant soigneusement les particules qui restent sur nos doigts.

Canard Chine Massena

Pekinois Chine Massena
Les couples virevoltent sur la piste. On voit bien que certains viennent pratiquer ce qu’ils ont appris en cours (vidéo à venir). K ne tient plus sur sa chaise et m’entraîne avec elle pour quelques pas.
On commence par le chachacha. Des années de danse classique et pas moyen de retenir un simple enchaînement. À croire que je suis devenue godiche avec l’âge…

J’ai beau coller au train des danseurs modèles, je reste coordonnée comme un enfant de 5 ans.
Je vais me rasseoir déterminée à faire mieux au prochain interlude.

J’ai beaucoup de mal avec la soupe qui me rappelle fortement celle de concombre de mer, avalée le nez pincé à Kuching (voir post Malaisie 2). C’est visqueux au possible, sans doute plein de GMS et les petits morceaux de canard se noient dans leur désespoir le fond du bol. Je fais un effort, rajoute de la sauce soja mais rien n’y fait. Je me sens comme un candidat de Koh Lanta lorsqu’il découvre les testicules de mouton dans lesquelles il doit croquer pour faire gagner son équipe…

Soupe Chine Massena
Mieux vaut retourner danser !
Ça tombe bien, c’est le quart d’heure danses traditionnelles Cambodgiennes ! Ça, j’ai envie d’apprendre. D’abord parce que c’est excessivement gracieux et puis parce que, les ayant vues au jour de l’an à la pagode de Vincennes, je sais que ce n’est pas trop compliqué.


Il me faut un petit temps d’adaptation mais en m’appliquant consciencieusement et avec les explications de K, je finis par m’en sortir honorablement. Pas peu fière, je m’en vais me récompenser à coup de nouilles sautées.
Elles ne cassent pas trois pattes à… (Oui bon c’est lundi hein !) mais restent correctes.
Retour au milieu des papis et mamies et en groupe cette fois pour leur saccager leur choré à coup de jerk !!! Je pensais qu’on nous regarderait de travers mais même pas ! Ici chacun est libre de danser comme il veut. Certains sémillants célibataires auraient même tendance à apprécier la silhouette longiligne et les talons aiguilles de K !


Nous retrouvons nos chaises pour le dernier met : du riz gluant en feuille de lotus. Comme les nouilles, il est bon mais sans plus. Probablement l’effet boomerang de toute cette viande si goûtue.


L’addition arrive, effectivement très agressive. Elle nous est subtilisée par K et M. Notre maigre participation couvre à peine les bières.

Un peu honteux, nous regagnons le parking.

Conclusion : on a fait un carnage chez Disney mais on s’est bien amusé !!


La Chine Massena

96 bd Massena
75013 Paris

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