Yasube(lliqueux)

Non je ne me nourris pas que de burgers et de Japonais. La preuve, je vais bientôt vous parler d’un restaurant bien franchouillard mais aujourd’hui, ne vous déplaise, ce sera encore Nippon ! 

Les fêtes sont passées depuis quelques temps mais la frangipane de la galette des rois a fait des ravages. C’est pourquoi quand samedi on me propose de dîner dehors, je suggère une cuisine saine qui va chasser le vilain sucre et la motte de beurre de mon système.

La façade beige de Yasube ne donne pas forcément envie de pousser la porte. Le menu sur pupitre dont on ne connaît pas la moitié des termes non plus. Et pourtant, j’ai confiance parce que d’autres l’ont complimenté. 
L’accueil n’est pas plus chaleureux que l’extérieur et nous sommes heureux lorsqu’on nous incite à prendre place dans la salle du sous-sol, vu la fumée qui enveloppe les clients du rez-de-chaussée. 

Le bas fait très cocon : 6 tables tout au plus dont 4 au ras du sol pour une expérience intégrale. Pas suffisamment souples, nous nous installons sur des chaises à hauteur occidentale. Tout en se racontant nos Noël respectifs, nous jetons à nouveau un œil sur cette carte mystérieuse. Celle-ci ne présente pas plus d’explications que celle du trottoir mais recèle d’étonnants trésors !!

Les yakitoris notamment, que l’on peut commander à la peau (pour les serial killers), au cartilage (pour les sportifs) ou aux croupions (pour les Strauss Kahnniens). 
Dans ma tête vient l’image d’une brochette de mini-culs ! Mignon mais pas très appétissant… Je crois que je m’en tiendrai au menu dorade.
Mes amis aussi la jouent safe avec un assortiment de sashimis et un menu bento.

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Le service est agréable bien que la demoiselle ait complètement zappé les salades. Elles nous parviennent avec excuses une vingtaine de minutes après les plats.
Je suis étonnée de la portion de sashimi que je trouve bien maigre. Le poisson est beau, brillant mais définitivement en trop petite quantité à mon goût. Le bento me semble un peu plus fourni, certainement grâce à la variété de formes et de couleurs. 

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Ma dorade n’est en fait qu’un filet. Sa présentation est aussi soignée que si c’était moi qui avait dressé l’assiette (je suis une brèle en dressage). Mes entrées se résument à un petit bol de soupe miso (taille habituelle) et à deux minuscules ramequins de pousses de soja et de carotte/pomme de terre. 
La miso est bonne bien que je n’ai pas souvenir d’en avoir jamais absorbé une mauvaise. Zéro pointé pour les mises en bouche qui n’ont pas plus de goût que de croquant. 

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Mon poisson en revanche est cuit à la perfection. La peau croustille et la chair est fondante. Peut-être aurait-il fallu le mariner ou l’accompagner d’une sauce au lieu de se contenter d’un quartier de citron mais ils ont de la chance, je suis plutôt partisane du goût original des produits. La salade ne présente pas un intérêt particulier si ce n’est l’assaisonnement que je ne saurais expliquer mais qui me rappelle celui de Kintaro (Rico, me donneras-tu un jour la recette ?). 

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Mes amis ont l’air d’apprécier leur repas sans en faire remarquer telle ou telle spécificité.
L’addition Asahi incluse se monte à 28,50€ par personne. On ne peut pas dire que ce soit donné.

Et la scène à laquelle nous avons assisté à la caisse ne m’encourage personnellement pas à y retourner : le patron hurlant sur ces employées (en japonais) tout le temps que nous essayions de payer.
Oui ça peut arriver d’avoir quelque chose à régler avec son staff mais il faut avoir la décence de le faire en privé pour épargner l’embarras aux clients et aux pauvres filles de perdre la face devant témoins.
Que ce soit dit !

Yasube
9 rue Sainte-Anne
75001 Paris

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