Charles s’en charge !

Rendez-vous à la Ferme de Charles en ce samedi soir glacial de janvier. Notre hôte a préféré cette option aux restaurants plus bobos de la rue du Faubourg Saint Martin. 
J’ai jeté un œil au menu sur internet histoire de savoir à quoi m’attendre. Utilisation de produits frais et de saison, c’est un bon point. Plus viande que poisson, tarifs abordables, me voilà briefée. 

Une table a été réservée pour 6. Nous arrivons tous ensemble et lorsque que nous nous annonçons, je crois comprendre que F. connaît le propriétaire/serveur/gérant ? :
ils se parlent comme s’ils avaient fait leurs études ensemble.
On nous installe au fond de l’établissement, dans une toute petite salle. On se sent comme dans un chalet, cerné de bois de toutes parts. Pour un peu, on humerait l’odeur du fromage à raclette ! Sur les murs, je repère des visages familiers : Mary et Laura sourient de toutes leurs dents sur des portraits en noir et blanc. Mais bien sûr, voilà de quel Charles il s’agit : nous sommes chez les Ingalls !!! Quel drôle de thème pour un restau quand même… 

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Vraiment petit l’espace !


La carte, un cahier d’exercices d’école primaire (grands carreaux et fautes d’orthographe surlignées en jaune), me sort de ma torpeur. Qu’est-ce que ça mange déjà un personnage de série des années 80 entre un accident de diligence, une cécité précoce et un morceau de violon au coin du feu ?!
Je ne me souviens pas que le paternel ait été cueilleur-chasseur… 

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Pour entrée : des terrines de campagne, des David croquettes (sic) de camembert, des tartares de saumon, des salades et… Un os à moelle. Tiens, on va prendre ça à 2 ! Question plats, ça se joue entre la côte de bœuf, le risotto aux champignons, la côte de cochon, le magret de canard et un poisson du marché qui s’est perdu. 
Mon cher et tendre commande un burger (il y en a 5 pour coller à la tendance), je suis d’humeur tartare.

La serveuse est toute nouvelle et doit solliciter ses collègues pour répondre à la moindre question. Comme elle est plutôt sympa et très souriante, nous sommes indulgents. Apéro et entrées s’enchaînent gentiment.
L’os à moelle arrive entier, coupé dans la longueur. J’ai l’impression d’être à un cours de biologie. « Et maintenant, nous allons disséquer la grenouille ! » 

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C’est une première pour moi. Hormis dans l’osso bucco, je n’ai jamais ingurgité cette étrange substance.
Et étrange est le mot juste. Compacte, grillée sur le dessus, grasse à souhait et parsemée de gros sel ; ça passe mais je ne peux pas dire que je me régale. En réalité, je mange plus de pain qu’autre chose !
 Finalement, nous nous mettrons à 3 pour en venir à bout.

Les assiettes sont débarrassées depuis plus d’une demi-heure quand la demoiselle vient nous assurer qu’elle ne nous a pas oublié. Elle repasse 15mn plus tard et se confond en excuses mais là, ça commence à faire long. Il faudra encore le même temps (soit 1 heure au total !) pour qu’arrivent enfin nos plats. 

Si la côte de bœuf commandée par deux des convives est plutôt appétissante, je ne m’extasie pas devant l’ardoise déposée devant moi. 1) parce que le choix de la vaisselle est franchement dépassé 2) parce qu’il y a plus de sauce que de salade, laquelle par conséquent, a l’air complètement cuite 3) parce que l’œuf comme ça sur la viande bien rangée, tel un verre rempli jusqu’au trait, c’est d’un ennui…

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Voyons si la qualité emporte mon adhésion. Coupés au couteau et non hachés, les morceaux sont plus épais et… Malheureusement pas du tout fondants. C’est nerveux, coriace, revêche pffffffff ça me donne envie de poser mes couverts et de bouder. Le burger est correct et je n’entends pas trop de plaintes provenant de la planche.
Ceci-dit nous sommes tous bien élevés et, en outre, passons une bonne soirée.
Tiens, personne ne commande de dessert !

Toujours dans la bonne humeur, on nous amène l’addition et une énorme jarre de bonbons. La familiarité que je nous croyais réservée est en fait une marque de fabrique propre à l’établissement (largement inspirée de la franchise Big Fernand si vous voulez mon avis).
Dragibus, bananes et autres bouteilles de coca font passer la note (raisonnable : autour de 30€ par tête). 

Je ne recommande pas mais je concède une mention spéciale pour les toilettes où l’on a la possibilité de regarder un petit épisode tranquille. 

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Ps : Charles s’en charge, c’était ça !

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