Kunitorayamieux !

C’est drôle, du temps où Kunitoraya faisait face à Higuma, je n’y suis jamais allée ! Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être pas envie de manger en vitrine ? Ou par peur de n’avoir le choix qu’entre udon et udon ?
Et puis un jour, l’établissement fait ses valises. L’enseigne reste une certain temps et fini par changer pour Udon Jubey. Et je regrette de ne pas avoir goûté.
Alors quand en allant chercher un bubble tea chez Zenzoo, je découvre que le restaurant a été transféré rue Villedo et a même ouvert une annexe à quelques numéros, je réalise que j’ai une seconde chance…

Fashion week, le quartier opéra-4-septembre est pris d’assaut par des hordes de mannequins, rédacteurs et autres journalistes. Un nombre impressionnant d’italiens peuple la rue saint-Anne partagé entre la recherche de la bonne adresse et la peur de ne pas se faire remarquer. Ils piaillent très fort, font des gestes amples, portent des couleurs aussi criardes qu’improbables.

Le truc c’est que Kunitoraya, c’est beau ! Et ces esthètes sont irrésistiblement attirés par les murs en brique apparente, les tissus imprimés de dragons bariolés et de scènes guerrières, la longue cuisine ouverte tout inox, et le sentiment intime d’être privilégiés s’ils parviennent à avoir une table vu le petit espace et la file dehors.

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S’ils sont favorisés, nous devons l’être aussi puisque nous sommes entrés. Le menu n’offre pas énormément de choix. Oui je sais je suis difficile mais les 3/4 du recto sont des soupes. Au verso, des udons froids avec « chutes de beignets », ça fait un peu je finis les restes des clients précédents, le chirashi de saumon est cuit (dommage, j’aurais bien commandé ça) et j’en ai assez des gyudons, tonkatsus et katsudons que je trouve quasiment toujours secs (en même temps, tout est dans le libellé : porc pané !).
Ce sera donc un tempura-moriwasé ou assortiments de beignets de crevettes et légumes.

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Quand le plat arrive, je m’extasie. Les couleurs en transparence, les aliments comme cristallisés et hérissés de petits piquants, la disposition élégante ; c’est beau et raffiné.
A la joliesse il y a une contrepartie : il n’y a pas grand chose à manger dans mon assiette (d’où sans doute l’appellation « tapas ») !
18€ me semblent bien excessifs pour une telle portion mais goûtons avant d’être médisante…

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Je saisis un poivron rouge que je trempe dans la sauce – à priori un mélange de soja et mirin. La pâte est très croustillante et bien fine. Rien à voir avec la bouteille d’huile que vous avez l’impression de boire au goulot chez le traiteur chinois.
Le légume à l’intérieur est entre deux cuissons, ni fondant ni croquant. On ne peut pas dire qu’il soit particulièrement savoureux.

Je poursuis avec une tranche de courgette. Là encore, je ne suis pas débordée par la force du goût. Mon acolyte, qui a commandé la même chose sur riz n’a pas l’air plus convaincu. « C’est fade ! » dit-il. Et j’acquiesce tristement.

Un bâtonnet de courge, une fleurette de brocoli, et même le fameux crustacé, je ne sens que la pâte à beignet et c’est franchement lassant.
Deshydratée, je demande une carafe d’eau mais ce n’est pas le concept du restaurant. Vous avez un verre (petit, très petit) que l’on vient vous remplir. J’ai du mal à en obtenir un deuxième après avoir bu le premier d’une traite.
Au bout d’un quart d’heure, je me lève et vais gentiment demander une bouteille. La serveuse ne comprend pas. Comme je suis forte en mimes, elle finit par se faire une idée de ma requête et m’explique tant bien que mal que je dois retourner à ma place. Je me rassieds et elle vient verser 10cl supplémentaires qui, évidemment ne suffiront pas à étancher ma soif.

Bon allez, on lève le camp, je boirai à la maison. Bien bien déçue par le ramage loin de se rapporter au plumage.

Kunitoraya ? Finalement, j’aurais pu m’abstenir.

Kunitoraya
1 rue Villedo (également au n°5)
75001 Paris

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