Que du flan !

Quand une journée commence mal, il faut savoir la prendre à contrepied. Quoi de mieux après avoir laissé l’intégralité de son tartare de saumon dans l’assiette que de s’offrir une pâtisserie réconfortante ? En remontant la rue oberkampf justement, la Maison Landemaine nous tend les bras. La boutique fait un angle et les baies vitrées sont complètement ouvertes –> on ne risque pas de la rater. A l’intérieur le blanc est roi : les carreaux type métro aux murs, l’éclairage et même les plateaux à peine mouchetés. Ca pique un peu les yeux.

Il y a du monde, ça parle plusieurs langues. Tiens d’ailleurs, une des serveuses est japonaise. Un hasard ? On est pourtant loin des Champs Elysées ou des Galeries Lafayette…
Les commerçants auraient-ils flairé la bonne affaire : profiter de la célébrité de leur voisin (Pierre-Sang Boyer) pour venir s’installer à proximité et bénéficier de sa clientèle ?

Les gâteaux sont beaux et il y a pas mal de choix : les traditionnels tartes au citron, éclairs, mille-feuilles, babas mais aussi de plus rares Monts blanc ici agrémentés de fruits confits (berk). Nous restons classiques : un saint honoré et un mille-feuilles à partager.
Je commence par le second, intriguée par son aspect non conventionnel : les flancs semblent avoir été parés de caramel. Les noisettes parsemées sur le dessus attisent ma gourmandise.

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Je coupe… ..     .    . …. .. …   ..  …. .    .    … Le gâteau se désintègre !

C’est vrai, la cuillère n’est pas le meilleur instrument pour exécuter cette opération mais là, ce n’est pas l’outil qui est en cause. Suspect numéro un, l’enduit précité qui solidifie les parois et empêche de manger la pâtisserie dans sa largeur. Deuxième possibilité : le feuilletage. Très épais, trop compact, il ne se fend pas malgré l’humidité de l’appareil.

Je crois qu’il va falloir se contenter d’une dégustation latérale. Ce qui est ennuyeux dans cette configuration c’est qu’au lieu de savourer le biscuit et la crème dans une même bouchée, on se retrouve avec les éléments séparés ! 

La quantité de crème (pâtissière) justement eut-elle suffit à une pâte normale, manque cruellement à ce parpaing. Quant à la chantilly au sommet, elle a tout d’une crème au beurre. Le parfait opposé de l’effet de légereté que l’on recherche dans la recette. L’écoeurement vient dès la troisième bouchée comme avec les bûches bien grasses qu’on s’assène à Noël.

Je passe au Saint-Honoré…

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Ah, ils ont aussi été cimentés au caramel ! Impossible de décoller les choux pour les croquer. Il y a eu ré-ut de chantilly : même texture ultra dense, même sensation huileuse sur la luette. Je sectionne un chou et simultanément mon coeur se brise : ils sont VIDES !!! Je (on) me retiens de crier.

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Ah ben c’est sûr, c’est pas la partie la plus facile de garnir les choux ! Alors on va juste les poser comme ça sur le dessus pour faire joli et on va mettre une bonne couche de crême par dessus, ils feront bien le mélange tous seuls ces crétins de clients ! Et puis tant qu’on y est, on va pas s’emmerder avec la base non plus. « Tout creux », ce sera notre marque de fabrique. Elle a cramé/séché/pourri ? Pas de problème, mets-la quand même, ils y verront que du feu !

Le feu, j’ai bien envie de leur mettre aux cheveux à ces usurpateurs ! L’espace d’un instant, je me fais une hallu à la Ally Mac Beal où j’ouvre ma gueule de dragon et passe tout l’étal à la flamme. Non mais ! Ca vous apprendra à prendre le chaland pour un pigeon.

Bon, vous avez compris que je ne recommande pas la Maison Landemaine sauf peut-être à une meute de meufs éméchées à l’occasion d’un EVJF (quand on est capable de s’abaisser à ce genre de tradition, on ne mérite pas mieux) ou à des candidats de télé réalité (Les Marseillais, Chtis et autres dégénérés). Ce sera moins efficace que la mort au rats mais puisqu’ils sont bêtes à manger du foin…

Euh… je m’égare là ! ALLEZ CHEZ LIGNAC ON VOUS DIT, non seulement vous vous régalerez mais en plus vous en aurez pour votre argent !

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