Chinoiseries

La première question qui me vient à l’esprit quand on me parle de Hanouman c’est : qu’est-ce qu’une divinité hindoue a à voir avec la cuisine chinoise ?! Je balaye assez vite l’interrogation quand la personne me dit que cette cantine a été son fief pendant quelques années. Peu importe le nom pourvu qu’on ait le goût !

De prime abord, le bâtiment ressemble à un supermarché. Le terme de bâtiment n’est pas usurpé : l’établissement s’étend 2 numéros ! Un coup d’œil à l’intérieur, mouais bof… Mais si on essaie pas, on ne saura jamais.

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A peine entrés, on nous demande si nous savons ce que nous voulons car la cuisine ferme dans 5 minutes.

Ça a le mérite d’être clair ! Il faut dire qu’il est 14h30. Nous ferons vite, promis. Nous commandons un riz lok-lak et des nouilles sautées au canard.

L’attente nous permet d’observer la salle, immense. Mobilier de bois noir laqué, sol clair pelliculé de gras, le vrai restau chinois des années 80 ! Les assiettes arrivent, contenant des portions tout à fait honorables : le lok-lak particulièrement, est généreux en viande. J’attaque mon plat qui ne dégage aucune odeur particulière…

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Hanouman

Naaaaaaaaaaan ! De deux choses l’une : ou l’on a brûlé mes papilles au chalumeau ou les nouilles et le canard ont passé la nuit dans l’eau. Malgré les oignons blancs – et verts – et les pousses de soja, il ne reste du goût que celui de l’huile dans laquelle ils ont été sautés. Je mets la main sur ce que je crois être de la sauce soja et asperge copieusement le tout… Pour découvrir qu’il s’agit en réalité de vinaigre noir ! Oui bon, c’est pas comme si j’avais gâché un festin mais ça ne va pas m’aider à terminer…

Heureusement, j’ai gardé quelques dim sums. La farce à la crevette devrait redonner vie à ma bouche.
Ah ben le conditionnel était de bon aloi : la pâte des ha kao (faite de fécule de blé) est extrêmement gluante, épaisse, et colle au palais. La crevette ne parvient pas à faciliter la déglutition.
Sur ce coup-là, je dois reconnaître que je ne suis pas le meilleur juge. En effet, depuis le « Dumplings » de Fruit Chan, j’ai un peu de mal avec ce type de raviolis.

Le lok-lak a l’air parfaitement correct. Le riz, sauté, est agrémenté de filaments d’omelette. Rien d’exceptionnel mais la viande est tendre (je ne me suis pas gênée pour la goûter).

Résultat mitigé donc pour Hanouman. Dans le même quartier, je préfère la viande grillée du New Thai San ou le pho de La Locomotive. Si vous voulez tenter quand même, voici l’adresse :

Hanouman
32 rue de Torcy
75018 Paris

(*Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, Dumplings est un film issu d’une série de courts-métrages intitulée 3 extrêmes. Il raconte l’histoire d’une riche cliente qui veut rajeunir à tout prix. Elle s’adresse à une rebouteuse qui lui façonne des raviolis dont la farce résulte d’infanticides. Les embryons sont prélevés sur de jeunes femmes par le biais d’avortements abominables…)

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