La fin d’une épique époque

Nous venons de prendre place au Petit Cambodge.
Mais revenons un peu en arrière, en 2003, quand je travaillais rue de la Folie Méricourt…

A cette époque bénie, je déjeunais tous les jours ou presque au Cambodge (l’original). J’adorais leurs nems, je vénérais leurs bobuns et j’idolâtrais la mamie qui menait la cuisine de main de maître.

Quand il n’était pas attablé rue Richerand, notre groupe prenait à emporter et nous mangions au bord du Canal St Martin. Nous étions si fidèles, que l’été, avant que l’établissement ne ferme pour les vacances, nous bénéficiions du buffet traditionnel gratuit préparé par la famille pour les habitués.

En 2 ans, j’ai assisté impuissante à la chute de ma cantine préférée. Les deux dernières fois que je m’y suis rendue, j’ai même demandé au serveur, qui faisait partie des meubles avec sa voix haut perchée, si mamie était encore en cuisine tellement je ne reconnaissais plus les plats.

Depuis lors, je n’y ai jamais remis les pieds, dépitée d’avoir perdu toute chance de jamais savourer à nouveau le meilleur repas du monde.

Alors imaginez ma surprise quand, en 2012 je vis pousser face au Maria Luisa un second restaurant !!
Plus rien à voir avec le bouiboui d’antan, le Petit Cambodge est résolument contemporain. La déco, la clientèle, tout y est +++

Le seul point commun avec l’ancienne maison est la prise de commande : vous écrivez vous-même ce que vous souhaitez sur une feuille (à l’époque sur un carnet).
Finies les nappes en papier crayonnées par les dessinateurs du coin et qui finissaient affichées sur les murs, morte la convivialité, place au minimalisme et au money-making !

En réalité, je ne vais pas pouvoir vous dire ce que je pense de cette nouvelle machine à fric… Car après s’être mutuellement convaincus qu’il fallait bien tester pour savoir ce que cela valait, après avoir été accueillis dans le speed par un serveur qui ne nous a pas laissé le choix de la place alors qu’il y en avait pleins et après avoir suspendus nos manteaux, nous avons tout bonnement quitté les lieux.

Que s’est-il passé ? On nous a tendu le menu !
14€ la soupe Phnom Penh, 15€ le bobun de base et le nombre de crevettes est compté ?
Non mais ça va pas la tête ?!?!

J’aimerais vous fournir une explication mais je me demande encore… Kirita, Damrong Sar et Kunthea ont-ils tout vendu pour rentrer au pays ? Leur a-t-on fait l’Offre de leur vie ?

Toujours est-il que je ne faillirai plus : de mon vivant vous ne me reverrez plus au Cambodge ou alors sur mes photos de voyage à Angkor !

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