Noble cause

Vous ne trouvez pas que maintenant tout prend des plombes ? Réserver un vol, un hôtel, choisir un film… On passe notre temps à comparer les prix et à consulter les avis sur internet pour être sûr d’obtenir le meilleur deal, de ne pas avoir de surprise.
Et la découverte dans tout ça ? Le risque d’en avoir une bonne, de surprise ? Alors oui j’ai fait comme tout le monde : je suis allée sur allociné pour voir combien d’étoiles les critiques avaient attribué à Christina Noble. Pas démentiel à priori.
J’ai quand même regardé la bande annonce parce que le sujet me parlait et malgré les réticences des journalistes, j’ai décidé de me faire ma propre opinion.

Vous allez dire que mon amour de l’Asie est limite obsessionnel et vous n’aurez pas tort. Comme vous l’avez constaté je mange asiat, je voyage asiat (la Malaisie l’année dernière mais pas que), je lis asiat (fan d’Haruki et de Ryû Murakami) et je regarde asiat (Kore-Eda, Bong Joon-Ho, Park Chan-Wook, Johnnie To, Stephen Chow, Kim Ki-duk).
C’est peut-être ce qui me lie à Christina, une Irlandaise la 40aine qui débarque au Vietnam en 1989 sans vraiment savoir pourquoi… Elle va le conscientiser au cours du film qui raconte comme 2 trajectoires fonçant l’une vers l’autre, son dramatique passé et son combat en faveur des enfants des rues à Oh Chi Minh.

6072314_orig

Ce que j’ai aimé :
– Découvrir l’existence de cette femme (j’ai horreur des biopics car on sait d’ordinaire tout de la vie de celui/celle qui est dépeint. Ici, on ne sait rien et pourtant, Christina Noble a accompli de grandes choses) ;

– La combativité dont elle a fait preuve quand elle aurait pu baisser les bras à tant de douloureux moments de sa vie ;
– le jeu de l’actrice qui incarne le personnage adulte (Deirdre O’Kane dont le visage exprime toute la palette des sentiments rentrés) ;
– les répliques bien senties dont certaines humoristiques dans un contexte pourtant très difficile ;
– les scènes si familières de la vie quotidienne sur les marchés d’Asie,
et accessoirement retrouver des acteurs de mes séries préférées (Sarah Greene de Penny Dreadful, Liam Cunningham de Game of Thrones et Brendan Coyle de Downton abbey)

Ce qui m’a mise en colère :
– les actes de pédophilie quasi publics qu’on ne peut malheureusement pas dissocier des pays où la misère règne ;
– les abrutis dans la salle qui rient à des moments complètement inopportuns ;
– moi-même pour ne pas avoir encore décidé de prendre le relai au chevet des milliers de gamins qui arpentent les rues de tant de villes et que j’ai vus de mes yeux au Myanmar par exemple ;
– le manque de volonté et de collaboration des autorités locales pour faire bouger les choses ou tout au moins soutenir les initiatives privées.

Même si le sujet a déjà été traité à plusieurs reprises, on ne fait pas ici de Christina Noble une sainte (son rapport à la religion est d’ailleurs assez surprenant). Celle-ci ne prend pas non plus les enfants dans les bras un à un pour les couvrir de bisous. Elle respecte leur intimité culturelle et corporelle, tout en œuvrant pour leur offrir non pas un avenir doré mais des conditions de vie décentes.

Un film sans prétention à voir et à méditer.

Publicités