Malitanie s’arrête là

Il y a bien longtemps que la jolie J. m’a conseillé de dîner chez Mali. Vas-y tu verras, c’est super bon et très fidèle à ce que tu manges dans le pays. Le pays, c’est la Thailande et vous savez à quel point je suis tatillonne sur le sujet…
Aujourd’hui, nous sommes dans le quartier pour dévaliser Tang Frères, alors pourquoi ne pas en profiter ? Il est tard (passé 15h) et nous craignons de devoir choisir parmi une sélection restreinte de plats comme ce fut le cas au Tricotin. Nous nous assurons donc qu’ils servent encore. Oui, pas de problème la cuisine est ouverte.

La carte est bien fournie : beaucoup de mets traditionnels thai et quelques autres laotiens. J’écoute la serveuse s’adresser à son collègue et ne reconnais ni le vocabulaire ni l’accent si familier… Nous passons commande à un grand monsieur tout mince – j’ai nommé, le collègue. 

Une salade de bœuf à partager puis un pad thai et un fried rice. Difficile de faire plus tradi. Dans la salle, il y a déjà une famille avec enfants et un couple. Deux jeunes femmes prennent place. Elles posent une question à la serveuse et là, c’est sûr, c’est du Thai. C’est bête mais ça me rassure !

La salade arrive, très généreuse en menthe et en coriandre. De fines tranches d’oignon rouge, de la ciboule, c’est joli. 

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Dommage, la viande a l’air trop cuite. Ca se confirme sous la dent mais l’assaisonnement est bien équilibré : le mariage de la citronnelle, de l’ail, de la sauce de poisson et du citron vert complimente agréablement le bœuf. Je vais attendre que ça refroidisse. Comme la vengeance, je préfère le yam neua froid. De toute façon, mon riz est déjà là et ça, c’est meilleur chaud. 

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Je suis reconnaissante au cuisinier qui a disposé un quart de citron vert dans mon assiette. J’en arrose copieusement mon plat et verse le contenu entier de la petite écuelle d’huile où flottent rondelles et pépins de piment. Ca va arracher comme j’aime !

Première bouchée… C’est brûlant. Voyons si le pad Thai l’est moins (qu’est-ce que vous pensez de mon excuse ?)…

Là aussi, on a eu la délicatesse de mettre du citron vert et quand la femme derrière la caisse voit que nous en sommes friands, elle nous en propose même davantage !
Les crevettes ont bien résisté à la cuisson : elles sont fermes ce qu’il faut. L’assaisonnement (alleluia) ne ressemble ni en couleur ni en goût à ceux tout prêts servis dans les autres restaurants parisiens. Ici c’est fait maison, pas de doute.
Les nouilles sont du bon type, le tofu ni spongieux ni visqueux et on peut choisir d’ajouter germes de soja frais, poudre de piments séchés et cacahuètes concassées (trop peu) à disposition sur le bord de l’assiette. 

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Honnêtement, ce pad Thai est le meilleur que j’ai mangé à Paris depuis la chute du Krung Thep et si vous suivez un peu Kitchenouille, vous savez que j’en ai écumé des restaus. La sauce manque peut-être un peu de force (un soupçon plus de jus de tamarind ?) mais le goût, même ténu est celui que je recherche, celui que j’ai en mémoire et en bouche dès que j’évoque ce plat. 

La salade ne fume plus et libère d’autant mieux ses arômes. Complètement froide elle pourrait presque concurrencer celle du Lao lane. Le fried rice se laisse manger sans être vraiment inoubliable. Plus de place pour un dessert, malheureusement. Il faudra revenir tester le riz gluant coco mangue.

Avant de partir, je fais un détour par les commodités et comme c’est occupé, j’en profite pour lire l’ancêtre de Facebook : les commentaires laissés par les clients sur un mur de post-it. Du positif (évidement, ils ne vont pas afficher que c’était dégueulasse) et en filigrane l’indication d’une clientèle d’habitués. 

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Attablée juste à côté, une petite fille finit son repas. Elle discute en français avec la restauratrice, illustrant ses dires de grimaces et glissant quelques mots de thai ici ou là. Quand Je souris, la dame m’explique qu’elle lui parle thaï depuis sa naissance et que son papa (le fameux collègue) fait de même.

Je demande de quel coin ils sont. À l’ouest me dit-elle. Près de Kanchanaburi, la frontière birmane ? Pas loin du tout et ils y retournent une à deux fois par an. Elle fait l’éloge de son village, un hameau en pleine nature et m’incite à le visiter. Pas de souci, je suis dispo cet hiver. On part quand ?

L’addition est aussi douce que l’atterrissage. Nous poussons la porte, retour à Paris. En partant, je jette un œil à l’enseigne et m’assigne une mission pour la prochaine visite : savoir pourquoi ils ont choisi le nom d’un pays africain… 

Mali
94 Avenue de Choisy
75013 Paris

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