Pas très afFABle

Quand tu te lèves un samedi matin pour aller visiter un appart alors que tu t’es extirpée du lit aux aurores toute la semaine, il est important que tes efforts soient récompensés. Mais lorsque tu arrives à destination et qu’une bonne 10aine de personnes fait déjà la queue quand tu pensais avoir un rendez-vous rien que pour toi, ton humeur s’assombrit. 

Tu pénètres dans une cour en grommelant et pousses une porte pour monter, en rangs d’oignons, des escaliers qui n’en finissent pas. Là tu réalises que le bien est situé au 4ème étage sans ascenseur – rien de grave mais on a bien pris soin de te le cacher – et surtout, au gré des marches, tu découvres que les parties communes ressemblent à ça :

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La visite se fait en troupeau ce qui te permet d’évaluer combien de potes tu peux inviter à ta crémaillère mais moins de regarder en détail la plomberie ou l’électricité.

De toute façon, t’as l’impression que tu vas passer à travers le plancher tant tu le sens fragile sous tes pieds et aussi d’être ivre mort tellement il est en pente. La perte de place est maximale avec des recoins un peu partout, bref c’est du gros foutage de gueule. Pas la peine de rester davantage. 

Dépitée, je redescends dans la rue du Faubourg Saint Martin et tombe nez-à-nez avec un petit café qui présente toutes les caractéristiques du réconfort dont j’ai besoin.

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On peut lire sur la devanture le sigle FAB ainsi que son sous-titre  : French American Bakery. 

Sounds good! Je m’installe pour un latte, un banana bread et un carrot cake. 

Le lieu est charmant, tout petit, tout en longueur. On commande au comptoir puis on prend place à une table ou au mini comptoir aménagé le long du mur, sur lequel s’accrochent un tas d’étagères où s’affiche la marchandise. On se croirait dans un deli à Brooklyn.

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Je passerai rapidement sur l’accueil et le service, pas très sympathique, pour vous parler des gâteaux.

Celui à la banane est un peu sec – trop cuit ? D’hier ? – mais très parfumé. Je le mange en alternant avec de petites gorgées de café histoire de pallier à l’aridité et garde le second pour la fin. Il n’a rien à envier au mien mais est tout à fait convenable.

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Celui à la carotte en revanche, sort sérieusement du lot : fondant, bien humecté, sucré sans être écœurant malgré sa couche de crème sur le dessus, très bon dosage de la cannelle et merci merci merci d’avoir concassé les noix en minuscules morceaux (j’aime pas les noix). Je vois d’où le lieu tient son nom : c’est absolument fabuleux !

Je ne m’éternise pas car même lorsque je vante la qualité de leurs desserts, les propriétaires restent distants, limite « qu’est-ce que j’en ai à faire de ton avis ?! ». 

En sortant, je me dis qu’encore une fois, l’art culinaire a rempli sa mission : ma colère s’est envolée !

FAB
48 rue du Faubourg Saint Denis
75010 Paris

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