Forza Italia

Après un film belge étonnant – Diamant noir encore sur les écrans – nous avons bifurqué vers la pizzeria que le couple avec lequel nous étions fréquente assidûment.

Luisa Maria scintille de milles feux quand on arrive. Avec sa belle lumière chaude, elle donne envie d’entrer. Côté accueil en revanche c’est un peu le bazar : on nous demande 4 fois combien nous sommes en l’espace de 10 minutes, ce à quoi nous répondons qu’on ne s’est pas reproduits depuis la première question. 

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Puis, on est pris en main (quasi littéralement) par un monsieur qui déplace des gens pour nous asseoir. Installée, je fais part de mon étonnement quant au nom du restau car moi je connais Maria Luisa dans le 10ème. Et tout s’éclaire : mes amis m’expliquent qu’il s’agit du même propriétaire et qu’il a d’ailleurs encore un autre établissement. Bon ben pas besoin de regarder le menu alors ! Enfin si, car j’ai testé leurs pizzas que je ne trouve pas particulièrement phénoménales – malgré l’avis des copains qui salivent à leur simple évocation – donc voyons ce qu’il y a d’autre. 

Pour une raison que je ne m’explique pas, je suis persuadée que l’autre adresse ne sert que des pizzas. Je suis donc surprise de trouver un petit choix de pâtes. J’opte pour les linguini alle vongole, autrement dit aux coques et je croise les doigts pour ne pas être déçue. Mon acolyte m’imite, mon amie commande des penne pomodorini (tomates cerises) et son homme, une Capricciosa. Nous partagerons également une assiette d’antipasti. Un petit vin rouge pour célébrer une bonne nouvelle (vroum 🏍) et basta !

Les légumes grillés, la charcuterie, les olives, la mozzarella et leur petite feuille de basilic arrivent sans tarder. Je ne garde pas un souvenir impérissable des produits. Le jambon cru est maigre soit, mais la mortadelle a peu d’intérêt (en a-t-elle jamais ?) et les courgettes comme les tomates ne sont pas plus goûteuses que celles que j’achète au supermarché. 

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Le vin lui, est doux et rond. Je le sirote avec plaisir. Les plats arrivent. Si son ramage se rapporte à son plumage, mon assiette sera le phoenix des hôtes du four à bois. Une belle grosse portion comme on les aime, généreuse en bébêtes, copieusement agrémentée de persil. C’est beau et ça sent très très bon !

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Je couvre jusqu’à ne plus les distinguer mes pâtes de parmesan (mis à disposition dans une coupelle). Pour une fois, je ne regrette pas mon choix en lorgnant sur le plat du voisin : les linguini al dente ne suintent pas l’huile d’olive, l’ail est légèrement rôti et le persil a été parsemé après cuisson. Quant aux fruits de mer, ils ont été soigneusement nettoyés. S’il y a bien une chose dont j’ai horreur c’est du sable qui crisse sous la dent telle une craie sur un tableau. 

Une erreur de cuisson est si vite arrivée… Mais non, point de consistance caoutchouteuse, tout en tendreté et condensé de goût. Un peu plus et je me sentirais en bord de mer ! 

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Chacun semble apprécier sa commande : nous rendons les assiettes prêtes à être redistribuées sur les tables. 

L’un des convives se lance pour un tiramisù. Je goûte pour le comparer à celui de la rive droite. Pas mieux : ça manque et de café et de Marsala. Personnellement, je l’imbibe trop mais là, on ne sent que le mascarpone et vaguement le cacao saupoudré dessus. 

A la fin du repas, alors que nous nous apprêtons à partir, revoilà Monsieur 100 000 volts, haleine chargée, qui revient pour nous arroser de limoncello ! Il pose la bouteille sur la table, boit un shot avec nous et retourne vaquer à ses occupations, laissant l’alcool à notre disposition. Heureusement pour lui, nous sommes suffisamment bien élevés pour ne pas nous resservir…

Nous nous séparons dans les ruelles pavées de l’odéon allégés ni du portefeuille ni de la panse. 


Luisa Maria
12 rue Monsieur le Prince
75006 Paris

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