Parce que seul le Cinéma peut faire ça

Juste avant d’aller voir ce soir Mademoiselle (Agassi en Coréen) le dernier film en date de Park Chan-Wook, je veux vous dire la passion intacte que j’ai pour son chef d’œuvre de 2004 : Old Boy (titre original : Oldeuboi).

Combien de sentiments, combien d’émotions ai-je traversé en regardant se dérouler l’histoire à la fois torturée, romantique, cruelle, vibrante et poétique jusqu’au dernier souffle de ses personnages empêtrés dans leurs amours autant que dans leur vengeance.

Je me suis creusé le cerveau jusqu’à saigner des ongles et me suis tapé la tête contre les murs avec Oh Dae-Soo pour essayer de comprendre la raison de son kidnapping. J’ai eu envie de crever dans sa cellule devant la télévision qui diffusait sans fin des images de tout ce qui se passait à l’extérieur pendant 15 ans. J’ai hurlé quand nous avons appris le meurtre de sa femme dont il était le premier suspect.

Avec lui, j’ai recouvré ahurie et éblouie la liberté de marcher, la sensation de chaleur sur ma peau, le plaisir de manger, s’enivrer, baiser, ressentir avec bestialité les choses dont il avait été privé.

Je me suis parfois étonnée de sa naïveté et ensemble nous avons redoublé de rage devant l’injustice qui lui avait été faite d’avoir été coupé du monde. Moi aussi, j’ai reçu l’appel de notre ravisseur et main dans la main, nous nous sommes lancés dans l’enquête pour remonter le fil jusqu’à ce fils de p dont nous avons juré qu’il rendrait l’âme dans d’affreuses souffrances.

Nous avons arpenté de long en large les rues, les contre-allées, les restaurants, sur la piste d’indices. je l’ai observé avec tendresse tomber amoureux d’une jeune fille qui ne le jugeait pas. Les appartements en bordel, les couloirs sordides couverts de crasse, les adversaires forcenés qu’il faut achever au marteau en calculant les trajectoires tout en supportant les couteaux qui s’enfoncent dans la chair, la force de haine qui aide à survivre, à rester debout, à avancer vers le but funèbre. J’ai vécu ce cri du tréfonds de soi qui ne sort pas parce qu’il faut tenir encore, toujours jusqu’à ce qu’on lui fasse face.

Nous avons enfin rencontré Lee Woo Jin et l’avons écouté raconter son histoire sans comprendre ce qu’on venait faire là-dedans jusqu’à ce qu’il explique cette scène que nous avions surpris et qui fut le déclencheur du drame qui l’avait laissé insensible à lui-même. J’ai perçu l’interdit, le désir puis le désespoir dans la voix de notre ennemi, son dédain, le plaisir qu’il prenait à nous regarder nous débattre avec les blancs de notre mémoire.

J’ai senti doucement venir le dénouement, l’ultime surprise qu’il nous réservait pour que nous tous, protagonistes de cette atroce fable soyons réunis dans ce que nous avions de semblable : notre faiblesse.

J’ai vécu la plaie béante qui s’est ouverte à l’intérieur à l’annonce que je redoutais tant et encore maintenant, 12 ans plus tard, je suis hantée par les images qui remontent dès que j’entends The last Waltz ou Cries and whispers, extraits de la musique composée par Yeong Wook Jo (à écouter plus bas).

Si je n’ai pas vu ce prodige 20 fois, je ne l’ai jamais vu. Et chaque fois que j’en parle, je meurs de le revoir et j’ai cette boule dans la gorge. Celle qu’on a quand on voudrait dire à quelqu’un à quel point on en est amoureux ou celle qui précède les sanglots.

Either way, Old boy restera à tout jamais le film de ma vie.

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